
Parler de sexualité sans gêne : et si on apprenait dès l’enfance ?
15 janv. 2026
En France comme ailleurs, parler de sexualité reste encore un sujet délicat, souvent réservé à l’intimité des adultes ou repoussé à l’adolescence. Pourtant, de plus en plus de professionnel·les s’accordent à dire qu’une éducation à la sexualité dès l’enfance est non seulement bénéfique, mais essentielle.
Et si c’était justement en apprenant tôt à parler de sexualité sans gêne que l’on construisait des générations plus libres, plus respectueuses et mieux protégées ?
La sexualité, ce n’est pas que “le sexe”
Dès le plus jeune âge, l’enfant pose des questions sur son corps, sur celui des autres, sur l’amour, sur les différences entre filles et garçons. Il découvre l’intimité, la pudeur, les sensations, la tendresse.L’éducation à la sexualité ne consiste pas à parler de rapports sexuels à un·e enfant de 4 ans, mais à lui donner des repères adaptés à son âge pour comprendre son corps, ses émotions, ses limites et le respect de soi et d’autrui.
Cela commence par le vocabulaire juste pour nommer les parties du corps, l’apprentissage du consentement (“tu as le droit de dire non à un bisou”), la reconnaissance des émotions, la différenciation entre ce qui est public et privé.
Pourquoi parler de sexualité tôt est protecteur
Contrairement aux craintes de certain·es adultes, parler de sexualité tôt ne rend pas les enfants plus “précoces”. Cela les rend mieux informé·es, plus à l’aise avec leur corps, plus capables de poser des limites.C’est aussi un levier puissant de prévention contre les violences sexuelles : un·e enfant qui sait nommer son sexe, qui a appris qu’on ne doit jamais lui imposer un contact intime, qui sait qu’iel peut parler sans honte à un·e adulte de confiance, est bien mieux armé·e pour se protéger — ou pour oser parler s’iel a été victime.
Briser le tabou pour mieux transmettre
Beaucoup d’adultes ne savent pas comment aborder le sujet. Soit parce qu’on ne leur a jamais parlé de sexualité de manière saine et ouverte, soit parce qu’iels ont peur de dire “trop” ou “mal”. Mais la vérité, c’est qu’on n’a pas besoin d’être parfait·e pour accompagner un·e enfant sur ces questions. Il suffit d’être disponible, sincère, et surtout d’oser ouvrir un espace de parole sans jugement.
Si vous ne savez pas comment faire, il existe aujourd’hui de nombreux outils pédagogiques, livres, podcasts ou ressources pour aborder la sexualité avec les enfants de manière progressive, bienveillante et adaptée à chaque étape de développement.
Apprendre tôt, c’est construire une sexualité adulte plus libre
En apprenant dès l’enfance que la sexualité n’est pas une source de honte, on prépare des adolescent·es et des adultes capables de vivre leur sexualité de façon plus consciente, plus respectueuse et plus joyeuse.C’est ainsi qu’on lutte contre les stéréotypes de genre, qu’on valorise le consentement, qu’on dédramatise les questions de désir, d’orientation sexuelle, de plaisir ou de diversité corporelle.
L’éducation sexuelle, une mission collective
Parler de sexualité sans gêne ne doit pas être réservé aux familles. C’est un enjeu de société. Les écoles, les crèches, les institutions éducatives et les professionnel·les de l’accompagnement ont un rôle essentiel à jouer. Et les sexothérapeutes formé·es à l’accompagnement des enfants, des familles et des professionnel·les peuvent devenir des acteur·ices clés de cette éducation bienveillante.
Parce que parler tôt, c’est libérer plus tard.